Lettre à mon corps

Cher Corps,

Pendant ce qui me semble plus d’un million d’années – oui, cela fait bien longtemps … – je t’ai massacré, torturé, défiguré. Je t’ai parfois bien nourri, parfois très mal, parfois si peu et parfois bien trop. Je t’ai vu changer. Grandir dans un premier temps. Puis te former. Je t’ai vu devenir si beau et pourtant t’ai trouvé si laid. Disgracieux. Toujours trop ceci, pas assez cela. Rien ne t’allait. Et parfois même, tu me faisais mal. Tu me scarifiais l’esprit. Tu me rendais malade. Triste. Timide. Tu me demandais trop d’efforts. Tu m’incommodais. 

Alors, je voulais te cacher. J’avais peur, j’avais honte. Je te détestais. 

Que faisais je donc ? Je mangeais. Je te déformais davantage. Puis j’arrêtais. Je te privais de choses et d’autres. De ces aliments casés « mauvais ». Ceux qui portent l’étiquette « A SUPPRIMER ». Tu ne comprenais pas. Tu souffrais. Et plus je te persécutais, plus tu me répondais. D’une manière dont je n’oublierais certainement jamais. Tu as réagi à mes attaques. Comme un chef, comme un roi, comme un conquérant. Tu t’es engraissé. Tu as stocké les vilaines choses que je t’obligeais à absorber. Tu t’es plaint si souvent et je ne t’ai jamais écouté. 

Quelle horrible personne étais-je ? Je pouvais te défoncer au coca cola, au whisky, aux mélanges de charcuterie, de gateaux salés, de bonbons ou de burgers chimiques (et j’en passe un milliard). Tout ce qui était industrialisé, frit, toxique. Tout ce qui t’abimait profondément. Tout ce qui te rendait faible, mou, et gras. Dégueulasse.

Je te haïssais. Comme si c’était de ta faute ! Toi qui ne subissais que mes lubies, ma folie, mon inconscience. Je t’ai manqué de respect pendant tant d’années … Depuis que j’ai l’âge de me nourrir seule. Depuis que je fais mes choix. Et que je choisis mal. Très mal. 

Mais aujourd’hui mon Corps. Je t’écris cette lettre avec toute la bonté et la sagesse de mon apprentissage quotidien. Je t’écris pour te demander pardon. Pour te présenter mes excuses pour t’avoir littéralement rendu malade. Pour avoir tenté maintes et maintes fois de te dégrader. Te diminuer. Toi qui me protège et me maintient en vie. Toi qui est ma maison, mon berceau, mon nid douillet. 

Toi qui est la moitié de moi. 

Mon cher Corps, tu n’es pas parfait et tu ne le seras jamais. Car ce sont tes défauts qui te rendent encore plus magnifique. Et ça, j’ai mis si longtemps à le comprendre. Mon cher corps de FEMME. Avec tes rondeurs, tu abrites le plus beau des organes. Malgré tes hormones un peu dérangée, tu peux donner la vie. Je te dois le respect et l’amour. Tout ce dont mon esprit et mon âme sont capables. 

Mon cher Corps, après tant de haine, il n’est pas facile de t’accepter et de t’aimer avec simple pureté. Mais j’y travaille jour après jour. J’apprends comment te nourrir, comment prendre soin de toi, comment te dorloter et te rendre fort, beau et confortable. 

Je te construis à la hauteur de ce que tu mérite. 

Parce que tu es extraordinaire. 

Tu berce une vie. 

Une personnalité.

Un esprit.

Alors, oui mon Corps, je te haime. 

Et je te promets que je vais t’aimer.

Te chérir.

Te contempler.

Et ce, jusqu’à ce que la mort nous sépare. 

Alice. 

 

Votre corps a ses propres lois, ses propres codes, ses propres réactions et ses propres formes. Il est comme il est. Comme vous êtes. Il est vous. Il est à vous. 

Le respect de votre corps est tout aussi important que le respect de votre esprit. De votre personnalité. De votre vous entier. 

Depuis que je l’ai compris. Je vis différemment. Je suis plus ouverte et épanouie. Je découvre une liberté physique et émotionnelle fantastique. 

Le chemin est long, parsemé d’embuches, parfois décourageant. Mais il en vaut la peine.

N’abandonnez pas. Vous êtes tou(tes) merveilleu(se)x. 

LOVE’YA

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